samedi 14 avril 2012

Six ans plus tard, la fin


Tempête de cerveau, six ans plus tard, c'est : 1264 billets, plus de 100 nouvelles, quelques photos, quelques poésies, quelques montées de lait, quelques confidences, des milliers de lecteurs, des milliers d'heures de lecture et une fin. Cette fin, annoncée, devient officielle avec ce billet, le dernier.

Ce blogue, je l'ai aimé et l'aime encore. Ce blogue m'a accompagné dans mes amours, mes peines, mes moments forts, mes moments de faiblesse, la maladie, mes succès, mes infortunes, mes voyages, mes déménagements. Il a été le compagnon de mes nuits blanches, de mes réveils aux aurores, de mes après-midis de pluie, de mes jours ensoleillés sur le balcon. J'y ai consacré des milliers d'heures...

Et pourtant, aujourd'hui, je m'assois pour y mettre un point final.

Pourquoi?

Parce qu'il a eu, dans les deux dernières années, des répercussions sur ma vie extralittéraire. Lorsque l'écriture poursuit dans le quotidien, et pas pour le mieux, lorsqu'elle alimente les racontars, les hypothèses absurdes, lorsque les écrits deviennent plus que des mots, il faut les mettre à mort. Pas toujours, mais parfois.

Ces mots m'ont apporté des joies, l'amitié, l'amour, de multiples rencontres, dont la plus importante : ma Douce. Sans ce blogue, notre rencontre, qui sait où, quand ou même si. Juste pour cette rencontre, je devrais continuer, pour rendre hommage à l'amour, au bonheur. 

Mais...

Mais le coeur n'y est plus. Cette capacité que j'avais de m'installer au clavier et cracher mille mots en une heure s'est envolée. Le pèse le pour et le contre, le verbe et l'adjectif, tourne et retourne les phrases plus d'une fois pour qu'elles prennent du soleil uniformément, prends mon temps pour écrire et lorsque je le fais, j'ai envie que mes écrits soient davantage que des billets, des nouvelles balancées dans l'univers numérique.

Écrire un blogue, c'est davantage qu'écrire, c'est s'offrir et c'est cette dernière partie qui ne me sied plus. Me donner à tous, je n'en suis plus capable, je n'en ai plus le courage. Ce qui me reste de coeur, je le pose délicatement du bout des doigts sur le clavier, ce matin, pour signer mon adieu.

Je t'ai offert ce que j'avais, de quoi danser, de quoi chanter et tu croyais en ma bohème, mais si à vingt ans on peut vivre de l'air du temps, ton opinion n'est plus le même...

Ces mots de Ferré, que j'ai cités si souvent ici, résument ce qui s'est passé. Ce blogue m'a porté à bout de bras, m'a fait frôler les étoiles, m'a fait découvrir la joie d'être lu, d'être connu pour mes mots, d'être plus qu'un écrivain de salon. Je lui en suis reconnaissant, je vous suis reconnaissant. Je vous ai offert de quoi me connaître, des parcelles d'imagination et vous vous en êtes régalés, mais un jour vous m'en avez demandé plus que je ne pouvais offrir.

Un personnage est né entre ces lignes et un jour vous l'avez cru. Aujourd'hui, alors que je suis bien dans ma peau, de retour à moi-même, vous me reprochez d'avoir changé.

Il y avait ceux qui ne voulaient que du vrai, mon âme. Il y avait ceux qui ne voulaient que ma fiction, mes rêves. Les premiers prenaient mes divagations pour réalité, les seconds s'ennuyaient lorsque je prenais le temps de me dévoiler. Je sais qu'il n'est pas possible de contenter tout le monde, mais je suis fait ainsi : j'aurais aimé.

Et maintenant, que vais-je faire, de tout ce temps, que sera ma vie?

Maintenant, j'écris toujours, autrement. Un jour, peut-être, verrez-vous mon nom sur une couverture ou alors reconnaîtrez ce style empreint de virgules, d'incises, d'hyperboles, au hasard d'une lecture sur un nouveau blogue.

Peut-être disparaitrai-je à jamais.

Qui sait?

À tout hasard, si c'est la dernière fois que l'on se croise : 

Merci