Elle est arrivée la première. Je l'ai remarqué du coin de l'oeil, parce qu'elle me fait rire à consulter sa montre avec une certaine frénésie, risquant de l’user du regard. Bien sûr, une belle fille comme ça, ça ne peut être seul bien longtemps : elle attend quelqu’un.
Il arrive, elle sourit. Elle se lève pour l’embrasser, il s’assoit pour l’éviter. Elle ne comprend pas, ou trop bien, son regard s’attarde au loin, un instant, avant de prendre place. Il lui parle, elle se défait. Son visage, joli un instant plus tôt, se décompose, de métamorphose. Bien vite, elle se referme, croise les bras, lui fait signe de partir. Il s’attarde.
Elle pleure. Il tend la main pour arrêter une larme dans sa chute, elle l’en empêche.
Elle lui lance un regard méchant. Il se lève, sort, déconfit.
Ils sont maintenant tous deux malheureux.
Et moi je me sens de trop, même si elle est jolie.
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